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L'habitat

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Lorsqu'on parle d'habitat animal, la plupart des gens pensent surtout au nid ou à la tanière. Pourtant, ce terme doit être pris dans une acception beaucoup plus large car il comprend tout l'espace vital de l'animal dont l'abri (tanière ou nid) ne représente qu'une partie.

L'abri est un endroit fixe où l'animal se retire régulièrement et où il se sent en sécurité. Ces abris présentent différents aspects selon l'animal qui les habite et selon leur fonction.

De nombreux animaux, grenouilles, la plupart des reptiles, poissons ne construisent aucune sorte d'habitacle. D'autres groupes, comme les ongulés font appel à leur connaissance du terrain et recherchent des sites propices abrités du vent, sans apporter aucune modification à ces sites naturels et sans s'y fixer de façon durable. Les primates supérieurs n'habitent pas des abris solides mais construisent un nouveau nid tous les jours, généralement à un autre endroit que la fois précédente.

Aux antipodes de ces comportements se trouvent ceux des animaux qui se construisent des abris permanents sous-terre, sur la terre, à la surface de l'eau, dans les branches, au creux des arbres, etc. Ces constructions sont plus ou moins simples. Les talpidés, les spalacidés et les marmottes creusent d'imposants labyrinthes de tunnels, de celliers et de nids, les castors construisent sur l'eau de puissantes digues astucieusement agencées à l'intérieur, les rémizidés suspendent aux branchages leurs nids savamment tressés, tandis que le nid des pluviers n'est qu'un creux dans le sol, etc.

Certains animaux se contentent d'un abri unique, d'autres en ont plusieurs. Chacun de ces abris est situé dans une certaine aire occupée par l'animal en question. Tout individu, couple ou groupe d'individus est strictement limité dans ses déplacements par des interdits spatiaux. Il ne se meut qu'à l'intérieur d'un district clairement délimité dont il ne franchit jamais les frontières dans les circonstances normales de sa vie. Cette unité d'espace, ce domaine ou circonscription territoriale (home range) contient une autre unité, plus restreinte, le territoire.

Le territoire représente l'espace que l'animal connaît à fond, où il s'oriente aisément, dont il connaît les meilleures sources de nourriture, les points d'eau, les caches, etc. C'est aussi cet espace que l'animal délimite par des marques qui lui sont propres et qu'il défend contre les autres membres de son espèce. C'est dans les limites du territoire qu'il met bas, qu'il élève ses jeunes, qu'il se nourrit, se repose, s'accouple. Le territoire est d'étendue variable selon la taille de l'animal et surtout selon ses exigences alimentaires. L'intérêt principal d'un tel domaine repose en effet sur le fait qu'il assure à ses occupants une quantité suffisante de nourriture. Les grands herbivores, par exemple, doivent disposer d'un territoire d'étendue suffisante à la fois pour les rassasier et pour permettre la repousse, dans le courant de la saison végétative, des plantes consommées. Les carnivores, eux, doivent occuper un territoire tel que leur chasse n'y engendre pas une diminution trop importante des animaux qui constituent leur proie. C'est sans doute le tigre de Sibérie (Panthera tigris  altaica) qui occupe le territoire le plus vaste dans le règne animal : jusqu'à 1000 km'. Les dimensions du territoire varient également selon les individus d'une espèce. Elles sont fonction du relief et de la richesse du terrain, du nombre de concurrents alimentaires, de la saison, etc. Les femelles et les jeunes mâles disposent généralement de territoires plus petits que les vieux mâles sexuellement actifs. Toute la surface du territoire n'est pas non plus exploitée de la même manière : certaines parties sont utilisées de manière préférentielle, d'autres plutôt de manière occasionnelle.

L'obtention et la conservation du territoire est une question vitale pour les animaux et ils en délimitent donc soigneusement les frontières qu'ils défendent contre les intrus. Les autres individus de l'espèce reconnaissent et respectent généralement ces frontières. Lorsqu'ils les dépassent, ils essaient généralement d'éviter le conflit ouvert avec le propriétaire des lieux qui les attaque aussitôt. Lorsque l'affrontement n'est pas évitable, les intrus quittent le territoire sans lutte ou après un combat généralement symbolique. C'est au moment de l'acquisition du territoire que les duels sont les plus violents. La défense opiniâtre des frontières territoriales n'est pas une fin en soi, mais elle garantit une distribution équilibrée des couples dans le paysage.

Une concentration d'individus de la même espèce sur un territoire d'étendue limitée entraînerait une grande concurrence alimentaire et les animaux n'arriveraient à nourrir ni leur descendance, ni eux-mêmes. La délimitation d'un territoire est surtout typique chez les vertébrés : les poissons (peut-être même les sélaciens), les amphibiens, les oiseaux, les mammifères. On a également mis en lumière l'existence de domaines chez certains groupes d'insectes et de crustacés comme les crabes.

De nombreux animaux défendent leur territoire à longueur d'année, d'autres espèces ne sont territoriales qu'occasionnellement, par exemple pendant la reproduction. Certaines autres espèces comme la mésange charbonnière (Parus major) établissent des territoires d'hiver servant à protéger leurs réserves de nourriture. Il existe également des espèces non territoriales vivant en nomades.

L'organisation interne du territoire correspond au mode de vie de son occupant, mais tous les territoires présentent un certain nombre de caractères communs : ils renferment des sites où l'animal vient boire, d'autres où il se nourrit, d'autres où il se sent en sécurité (habitation), où il fait sa toilette et où il délimite les frontières du territoire. Ces lieux sont réunis les uns aux autres par un réseau de sentiers que les animaux empruntent pour chercher leur nourriture, pour fuir, pour se déplacer sur leur territoire. Bien évidemment, les animaux peuvent quitter ces sentiers, ce qu'ils font notamment lorsqu'ils chassent ou broutent.

A l'intérieur du territoire, les endroits en relation directe avec les activités vitales de l'animal peuvent être très variés. L'endroit où il vient faire sa toilette peut être une flaque de boue où se roulent les cerfs et les sangliers, une termitière à laquelle viennent se gratter les zèbres, une dépression dans la poussière où les faisans viennent se poudrer. Certains animaux mangent toujours au même endroit : mulot (Arvicola  terrestris) et rat musqué (Ondatra zibethicus)  se construisent dans les roseaux des tablettes alimentaires typiques, les carnivores choisissent des endroits surélevés pour y déchiqueter leur proie, etc. Divers animaux comme les carnivores, les damans, les rhinocéros et les lapins déposent leurs excréments toujours au même endroit et connaissent donc l'usage des « toilettes ».

Pour pouvoir être repéré et reconnu par les autres membres de l'espèce, le territoire doit être marqué et clairement délimité. Les modes de marquage résultent de l'utilisation de signaux optiques, sonores ou olfactifs. Leurs combinaisons donnent des systèmes complexes d'indicateurs qui disent clairement à qui veut le savoir que l'espace n'est pas libre.

De nombreuses espèces délimitent leur territoire par la voix. Citons comme exemple classique le chant des oiseaux qui se perchent sur une éminence à l'intérieur du territoire et indiquent par leur chant que la place est prise. A côté des oiseaux, chez qui ces signaux sonores sont typiques, certains mammifères comme les singes ou les cervidés ont recours au même type de signalisation. Les orangs-outans mâles (Pongo pygmaeus), les siamangs (Symphalangus syndactylus) et les hurleurs (Alouatta  sp.) possèdent même des résonateurs particuliers qui amplifient leur voix dans la forêt vierge.

Les marques optiques constituent un autre moyen de délimitation du territoire. Les animaux exposent alors certaines parties de leur corps, d'une forme ou d'une coloration caractéristique. Les anolis abaissent et redressent leur os hyoïde ce qui a pour effet de tendre et de relâcher leur gorge vivement colorée, les cercopithèques mâles montrent leurs organes sexuels colorés ou leurs cuisses. Certains animaux sont en eux-mêmes des marques vivantes : motifs ornementaux des poissons coralliens, poils blancs sur fond sombre des colombes, etc.

Tandis que les marques optiques et sonores ne sont souvent perceptibles que pendant un temps limité, les marques chimiques ont un caractère plus permanent. Les signaux olfactifs s'utilisent surtout chez les mammifères dont le sens principal est souvent l'odorat. On rencontre souvent dans ce groupe des glandes spécifiques produisant une substance odorante. Ces glandes sont différemment placées selon les animaux. Chez les chevreuils, elles sont situées entre les sabots si bien que les marques sont portées directement par la marche; certaines antilopes et les cerfs possèdent des glandes spéciales à l'avant de l'oeil et déposent leur sécrétion sur les brindilles; les chamois possèdent des glandes odorantes derrière les bois, les lapins sous le menton, les blaireaux et les martres sous la racine de la queue, le lièvre àl'intérieur de la bouche, sur les joues. Lorsqu'il lèche ses pattes, il y transfère le parfum qu'il dépose ensuite sur le sol en se déplaçant.

Les espèces qui ne disposent pas de glandes particulières utilisent pour marquer les frontières leur urine et leurs fèces. Les canidés et certains félidés aspergent les points stratégiques aux confins de leur territoire d'une petite quantité d'urine très malodorante, les prosimiens recueillent leur urine dans leurs mains et en frottent les branches. Les rhinocéros déposent leurs excréments toujours au même endroit à l'entrée de leurs sentiers si bien que les excréments s'accumulent et forment des bornes visibles de loin. Le même phénomène peut être observé chez la souris domestique (Mus musculus). Les hippopotames (Hippopotamus  amphibius) et les hippopotames nains (Choeropsis liberiensis) dispersent leurs excréments et leur urine sur les arbustes environnants par un mouvement rotatif de la queue, qui les projette à plusieurs mètres de distance. Il n'est pas impossible que des mammifères aquatiques fassent également appel à des marques olfactives.

Chez certaines espèces les limites des territoires peuvent se recouper. Les animaux des territoires contigus se rencontrent dans cet espace commun (les rhinocéros s'y baignent ou y paissent ensemble) ou leur présence dans ces points peut être régie par leur emploi du temps : plusieurs chats peuvent chasser sur le même territoire sans jamais se rencontrer car ils n'y viennent pas à la même heure.

Il existe un grand nombre d'espèces nomades entreprenant souvent de longs voyages pour toutes sortes de raisons. Nombre d'espèces d'oiseaux migrent régulièrement d'un lieu de séjour hivernal à leur lieu de reproduction et le phénomène s'observe également chez les papillons. Parmi les mammifères, les rennes, les zèbres, les antilopes et les cétacés suivent régulièrement des circuits alimentaires. Les chauves-souris de la zone tempérée ont une résidence d'été et une résidence d'hiver. Les pinnipèdes, certains cétacés, les tortues de mer et certains poissons (saumons, anguilles) entreprennent de longs voyages au moment de leur reproduction. Les espèces territoriales se déplacent également, quoique moins loin, lorsque les conditions climatiques ou alimentaires se dégradent : les souris et les musaraignes migrent par exemple dans les habitations humaines.