Club Des Éleveurs De Races Belges Ronquières

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Le ruban magique

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Adapté d'un conte populaire.


 


Ce conte qui vient de la région de Québec a sûrement des racines en France d'où sont venus les ancêtres au XVIIe siècle. Mais en parcourant les âges, il s'est localisé et a emprunté des façons de dire aux conteurs locaux. Dans ce récit, des géants veulent s'emparer d'un ruban magique mais le héros déjoue leurs plans. Il sera sauvé par des fées après des péripéties assez tragiques. Ici, comme dans beaucoup d'autres contes, les fées sont dotées d'une grande puissance et associées à la bonté tandis que les géants sont plutôt liés à la méchanceté.


Il était une fois un roi et une reine qui avaient deux enfants tout jeune : un garçon et une fille. Comme ils désiraient savoir ce que l'avenir réservait à leurs enfants, ils firent venir un astrologue pour faire l'horoscope de chacun.


On leur prédit que lorsque leur fille et leur garçon seraient devenus grands, ils se mettraient en ménage et auraient ensemble des enfants. Ceci déplut infiniment au roi et à la reine car, on le sait bien, une sœur ne doit pas épouser son frère ! Alors pour éviter cette catastrophe, les parents envoyèrent la petite fille dans un couvent situé dans un pays très très éloigné du palais. Et la vie reprit son cours. Le garçon grandit en compagnie de la cour et de ses parents. Un jour, il demanda à sa mère :


- Il me semble, ma mère, que quand j'étais tout jeune, je jouais avec une petite sœur. On ne m'a jamais dit qu'elle était morte mais je ne la vois jamais et je n'entends pas parler d'elle.


La reine dit à son fils :


-Tu ne verras jamais ta sœur.


Surpris, le prince dit :


- Ah ! c'est donc qu'elle vit toujours ?


- Oui, reprit la reine, mais tu ne la verras jamais, répéta-t-elle.


Le prince eut beau questionner de mille façons sa mère et son entourage, il n'apprit rien de plus. Sa mère refusait toujours de lui révéler ses raisons.


Le temps passa ; le prince grandit encore et , un jour, il se mit à réfléchir : « Ma petite sœur doit être cachée dans un couvent quelque part. Il faut que je la trouve.»


Alors, il s'en alla de ville en ville cherchant dans tous les couvents s'il ne trouverait pas une jeune fille qui pourrait ressembler à la princesse. Et voilà que dans l'une de ces villes, il passa devant un couvent où l'on avait affiché à la fenêtre les portraits des novices qui allaient prononcer leurs vœux le dimanche suivant. Il examina ces portraits et soudain, il reconnut un visage qui ressemblait autant à celui de sa mère qu'au sien.


Sans attendre, il frappa à la grande porte qu'une religieuse ouvrit en disant :


- Oh ! monsieur, nul homme ne peut entrer ici.


Mais le prince ne se laissa arrêter. Il bouscula la religieuse et entra de force. À l'intérieur, il inspecta toutes les chambres et finit par dénicher celle qu'il cherchait. Dès l'instant où il reconnut sa sœur, il ne voulut plus la quitter. Il s'installa à ses côtés. Les religieuses, affolées, firent appel au roi pour qu'il vînt chercher son fils parce qu'il semait un grand désordre dans leur demeure.


Le roi, songeant aux prédictions des astrologues, s'empressa d'aller chercher ses deux enfants pour les ramener au bercail. Il pensait bien qu'il devaient être punis de mort pour leurs gestes, mais comment ? Ne sachant quel châtiment convenait, il appela ses messagers et dit :


- Réunissez tous les savants du royaume. Je dois leur demander conseil !


Quand ils furent tous là, le roi leur dit :


- Comment dois-je châtier mon fils et ma fille que voici ensemble ?


L'un après l'autre, les sages donnèrent leur opinion. À la fin, l'un d'eux dit au roi :


- Pour un père, c'est une terrible épreuve que de voir mourir ses enfants. À votre place, je les ferais monter sur un bâtiment et je les enverrais sur la mer. La mer se chargerait de les faire périr loin de vos yeux. Vous avez justement dans le port, ajouta-il, un vieux navire qui ne peut plus naviguer...


Le roi trouva le conseil judicieux et il s'empressa de le mettre à exécution. Il fit donc monter son fils et sa fille à bord de son vieux bâtiment et les envoya sur la mer sans équipage, en pensant bien qu'ils trouveraient la mort tôt ou tard.


Le navire vogua longtemps et puis, bien sûr, une violente tempête se déclencha qui le brisa en deux. Le prince périt mais la jeune fille réussit à se sauver en abordant une île à la nage.


Elle vécut tant bien que mal sur cette île, se nourrissant d'herbe, de racines et de poissons qu'elle réussissait à attraper. Le temps passa et, un jour, elle donna naissance à un petit garçon qu'elle éleva du mieux qu'elle put en lui racontant sa triste histoire.


La mère était débrouillarde, le fils était adroit. Avec un arc et des flèches, il tuait le gibier de l'île et nourrissait ainsi sa mère. Un jour qu'il poursuivait un bel oiseau, celui-ci se posa sur une branche d'arbre et parla :


- Pauvre enfant ! dit-il, au lieu d'essayer de me tuer pourquoi ne vas-tu pas sur la berge devant le lieu où ton père s'est noyé. Tu pourrais récupérer le trésor qu'il y a laissé. Il te serait plus utile.


Le petit garçon connaissait le lieu du naufrage car sa mère le lui avait souvent indiqué. Il s'y rendit aussitôt et trouva un paquet de linge. Il l'ouvrit et découvrit de beaux vêtements et sept mètres de ruban ! Il endossa les vêtements et tortilla le ruban autour de son bras. Subitement, il sentit une grande force en lui. Il se mit à marcher.


Il se demandait bien si c'était ça le trésor dont avait parlé l'oiseau, quand il vit devant lui un cheval tout attelé. Il le monta et retourna chez sa mère et lui dit :


- Maintenant que j'ai un cheval, je vais aller explorer l'île.  Attendez-moi.


Et il se mit en route avec le ruban bien enroulé autour de son bras. Il traversa des montagnes et des forêts et finit par découvrir une maison, assez spacieuse et en bon état, au bord d'un joli lac d'eau douce. Il en fit le tour, inspecta les abords et en vit personne. Sur le chemin du retour il trouva un jardin de roses sauvages : il en fit des bouquets et les apporta à sa mère. Il lui dit, en arrivant :


- Maman, venez avec moi. J'ai trouvé une belle maison : nous allons l'habiter.


- Une maison ? elle est sûrement inoccupée. Allons-y !


La mère hésitait mais le petit garçon finit par la convaincre et ils s'installèrent dans la maison qui semblait vide. Le petit garçon faisait tous les travaux sans se fatiguer car le ruban le rendait très fort. Il pouvait déraciner un arbre d'un seul geste et le débiter sans se forcer. Mais au bout de quelque temps, le petit garçon dit :


- Maman, restez ici ; moi, je vais aller explorer plus loin pour voir si je ne trouve pas autre chose.


Alors, sa mère qui se trouvait très bien dans cette maison attendit. Mais à peine son fils parti, sept géants, qui étaient les véritables propriétaires de la maison, sortirent de leur cachette.


La princesse fut saisie d'une grande frayeur en les voyant, mais ils la rassurèrent :


- Ne crains rien. Tu peux rester ici tant que tu veux. Mais ton fils nous fait peur. Il est trop fort. C'est pour cette raison qu'on se cache quand il est là. Nous pensons qu'il doit avoir un secret et nous voudrions le découvrir.


- Que puis-je faire ?


- C'est très simple, dit un géant. Demain, quand reviendra ton fils, fais semblant d'être malade. Couche-toi et dis-lui que pour guérir, il te faut absolument la mousse qu'on voit sur le lac. Il ira en chercher et nous découvrirons son secret.


Le lendemain, le garçon rentra et trouva sa mère couchée.


- Maman, qu'est-ce que vous avez ?


- Ah ! mon fils, je suis souffrante, gémit-elle.


- Où trouverai-je un docteur pour vous soigner ?


- Je ne veux pas. Tout ce qu'il me faut pour me guérir, c'est la mousse du lac mais c'est dangereux d'aller en chercher...


- Ne vous en faites pas, j'irai.


Le fils sortit et s'en alla aussitôt au bord du lac. Il enleva les beaux habits qu'il portait et enfin il retira de son bras le ruban qu'il avait entortillé. Les géants, qui l'observaient en cachette, virent le manège et se dirent :


- C'est le ruban qui lui donne la force. Allons lui prendre. Et ils se précipitèrent sur lui, l'attrapèrent - ce qui fut facile, car il n'avait plus le ruban - et ils l'emmenèrent dans la grande maison. Là ils dirent :


- Nous allons couper ton garçon en morceaux. Mais avant, que veux-tu qu'on lui fasse ?


- Crevez-lui les yeux, dit-elle .


Les géants firent ce que la mère demandait. Puis ils coupèrent le garçon en morceaux et le mirent dans un sac. Ils attachèrent le sac au dos du cheval et envoyèrent le cheval dans la forêt. Le cheval erra à l'aventure puis il arriva au jardin plein de roses où le garçon avait un jour cueilli des bouquets pour sa mère. Ce jardin appartenait à des fées. Lorsqu'elle virent approcher un cheval avec une poche sur le dos, elles l'arrêtèrent et ouvrirent le sac.


- Oh ! dirent-elles, c'est le petit garçon qui est venu cueillir des roses ! On l'a tué : il est tout en morceaux !


Les fées se mirent à recoller ensemble les morceaux du corps du garçon mais celui-ci ne reprit pas vie.


- Si notre grand-mère était là ! s'écrièrent les fées. Elle saurait comment faire pour le remettre sur pieds.


Alors les fées se rendirent chez leur grand-mère ; elle dut se faire tourmenter tant et plus avant de consentir à leur venir en aide.


- Grand-mère, suppliaient les fées, aidez-nous à redonner la vie à ce garçon ! Il est beau !


Enfin, la grand-mère accepta. Elle regarda le garçon et dit :


- Vous avez raison, il est bien beau, en effet ! Je vais lui souffler dessus.


Elle souffla, souffla, souffla tant et si bien que le garçon ouvrit les yeux et se leva. Les fées étaient ravies. Elles dirent :


- Maintenant que tu es en vie, il faut que tu restes avec nous.


- Mais il me faut retourner chez ma mère, protesta le garçon.


Mais il se désespéra bientôt car il ne voyait rien. Ses yeux étaient crevés. Les fées eurent beau supplier leur grand-mère encore une fois de rendre la vue au garçon, elle n'y parvint pas. Malgré sa cécité, le jeune homme monta son cheval et gagna la forêt en espérant que la bête le mènerait sans encombre là où il voulait aller. En chemin voilà qu'un mendiant s'approcha de lui et lui demanda la charité.


- Pauvre monsieur, répondit le garçon, vous me demandez la charité ? Vous êtes sans nul doute plus riche que moi. Je n'ai rien du tout, ni même de quoi manger...


- Si tu étais si pauvre, dit le mendiant, tu ne serais pas vêtu de ces habits et ton cheval ne serait pas si bien attelé !


Ta famille doit être riche.


- De famille, monsieur, je n'ai qu'une mère. Et je n'ai plus mes yeux pour voir. Tout ce que je peux faire, c'est vous laisser monter derrière moi sur ma selle.


Le mendiant accepta et ils firent route tous les deux. À un moment donné, le garçon dit :


- J'ai grand soif.


- Nous sommes près d'un ruisseau, dit le mendiant.


- Je l'entends, en effet, mais je ne le vois pas.


Le mendiant indiqua où coulait le ruisseau ; le garçon descendit de cheval et se mit à boire. Plus il buvait, plus sa vue revenait. Bientôt il put voir comme avant.


- Prenez mon cheval, dit-il au mendiant. Faites-en ce que voudrez. Maintenant que je vois, je n'en ai plus besoin. Et il partit à pied en direction de l'endroit où il avait voulu abattre un oiseau avec sa flèche. Il commença à fouiller sous les buissons et les branchages pour trouver sa flèche perdue et l'oiseau le vit. Il s'approcha et dit :


- Bonjour mon garçon ! Tu devrais aller encore au bord de la mer voir ce qu'a laissé pour toi ton père au lieu de chercher ta flèche.


Le garçon , surpris, se rappela du paquet qu'il avait trouvé auparavant. Il se dit que l'oiseau avait sans doute raison. Il s'y rendit et il trouva, cette fois, des vêtements encore plus beaux avec un sabre et un cheval sellé et tout bridé d'or. Il y avait aussi un rouleau de ruban de quatorze mètres de longueur. Enchanté de sa découverte, le garçon entortilla le ruban sur son bras, revêtit les habits et sauta sur le cheval. Le ruban, qui était deux fois plus long que le premier, lui procurait instantanément une force redoublée.


Pendant ce temps, les géants avaient senti qu'un homme à cheval venait dans leur direction sur le chemin. Ils dirent à la femme :


- L'homme qui vient est peut-être ton fils. Une chose est certaine : il est plus fort que celui qui est venu avant. Nous n'allons pas rester ici : nous allons nous cacher.


Quand le garçon arriva, il alla trouver sa mère qui vivait dans la maison avec les géants.


- Je ne pensais jamais te revoir, dit-elle en sanglotant.


- Vous ne méritez pas de m'embrasser, dit le fils. Vous allez me dire où sont les géants.


Toute à sa peine, la mère dit :


- Pauvre enfant ! répondit-elle, ils sont là-bas, dans une grotte fermée par une énorme pierre. Il faut la force de sept géants pour arriver à la bouger.


Le garçon, qui avait son ruban magique sous ses vêtements, trouva la grotte et il ôta la pierre qui en fermait l'entrée d'une seule main. Il entra, saisit son sabre et trancha le cou des sept géants en criant :


- Restez dans votre grotte pour l'éternité !


Puis, il repoussa l'énorme pierre sur l'ouverture et retourna voir sa mère. Il lui fit ses adieux et il s'en alla trouver les fées qui lui avaient sauvé la vie. Il resta en leur compagnie le reste de ses jours.