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Appareil respiratoire

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 Quelques remarques d'anatomie

Comme chez tous les mammifères, l'appareil respiratoire du lapin comporte le nez et les fosses nasales formant la partie supérieure. Via le pharynx (jonction avec le tube digestif), le larynx et la trachée, l'air est ensuite conduit dans les poumons où il est réparti par les bronches et les bronchioles vers les très nombreuses alvéoles pulmonaires. Les poumons constituent la partie profonde des voies respiratoires. Chaque poumon est inclus dans un sac pleural, comparable au péricarde ou au péritoine. Le poumon droit comporte 3 lobes et le poumon gauche n'en a que deux..

Chez le lapin, l'originalité de l'appareil respiratoire est l'importance relative de la partie supérieure. Les sinus ou cornets nasaux offrent une très grande surface de contact avec l'air qui entre puis sort des poumons. L'épithélium cilié secrète du mucus et il a pour fonction principale l'arrêt des particules physiques contenues dans l'air inspiré et leur rejet vers l'extérieur. Compte tenu de sa grande surface, cet épithélium joue aussi un rôle non négligeable dans les échanges thermiques, en particulier par vaporisation d'eau.

Fonctionnement respiratoire

 A chaque inspiration "normale", un lapin adulte de 4kg inspire environ 21 ml d'air (de 19 à 24 ml selon les individus), et le volume pulmonaire résiduel est d'environ 12 à 15 ml. Compte tenu d'un rythme respiratoire moyen de 90 respirations par minute, le volume inspiré puis expiré par un lapin représente environ 1,8 à 2,0 litres d'air par minute ou 110 à 120 litres par heure. Cet air sert à exporter environ 2 litres de CO2 par heure et à évaporer 3 à 4 grammes d'eau.

Ainsi, au cours d'une journée de 24 heures, un lapin exporte par voie respiratoire environ 26 g de carbone sous forme de CO2, correspondant à la "combustion" de 64 g d'hydrates de carbone. Il évapore également environ 90 g d'eau.

Respiration, âge et température ambiante

L'évolution des capacités pulmonaires en fonction de l'âge ou l'influence des conditions d'ambiance ont fait l'objet de fort peu d'étude. Par contre, nous disposons d'informations fiables sur l'évolution du rythme respiratoire en fonction de l'âge et surtout de la température ambiante. Ainsi, chez le jeune lapereau le rythme respiratoire s'accélère jusqu'à l'âge de 90-100 jours puis tend à se stabiliser . Lorsque la température à laquelle un lapin est élevé s'accroît, son rythme respiratoire est plus rapide, mais l'évolution en fonction de l'âge est similaire pour les différentes conditions d'ambiance.

Par contre si, comme dans les essais conduits aux États Unis par Johnson et al. (1958), on soumet à des températures croissantes des lapins ayant eux-mêmes été élevés jusqu'à l'âge d'une année, soit à une température basse (9°C) soit à une température élevée (28°C), on constate qu'à une même température, les lapins élevés "au chaud" ont systématiquement un rythme respiratoire plus faible que ceux élevés "au frais" .

La réduction moyenne est de 24% pour un élevage en conditions chaudes par rapport à un élevage "au frais". Ceci démontre chez le lapin une forte capacité individuelle d'adaptation aux conditions thermiques et la conservation de influence de cette adaptation sur le long terme. 

Quelle que soit la température d'élevage des lapins, lorsqu'ils sont placés à une température de 33°C par exemple, le rythme respiratoire est multiplié par 2,5 environ par rapport aux valeurs enregistrées à 18°C. Pour le même écart de température, le rythme cardiaque n'est multiplié que par un coefficient 1,10 à 1,16. Dans les conditions expérimentales de l'essai décrit ci-dessus, l'accélération du rythme respiratoire entre 18°C et 33°C a permis de faire passer la quantité d'eau évaporée en 24 heures de 94 à 165 ml chez les lapins qui avaient été élevés à 9°C, et de 90 à 128 ml d'eau pour ceux élevés à 28°C.

Respiration et ammoniac

Lorsque l'air respiré par les lapins est chargé en ammoniac, le rythme respiratoire des lapins est réduit. La conséquence est une élévation de la teneur du sang en CO2 et en azote uréique, mais sans modification du pH sanguin    

 Ainsi, en cas de forte pollution de l'air par de l'ammoniac, les lapins respirent plus lentement mais plus profondément, mais cela n'est cependant pas suffisant pour évacuer correctement le CO2 sanguin.

Enfin, pour terminer avec ce survol de la fonction respiratoire du lapin, il faut mentionner la très forte résistance du lapereau à l'anoxie. En effet, immédiatement après la naissance un lapereau peut résister sans dommage à une anoxie de 30 à 35 minutes alors qu'un lapin adulte ne peut résister plus de 3 à 5 minutes.

Cette capacité du nouveau-né disparaît assez rapidement dans les jours qui suivent la naissance et à l'âge de 15 à 18 jours son aptitude à résister à l'anoxie est similaire à celle de l'adulte. Chez la lapine gestante, une anoxie partielle (obtenue expérimentalement par réduction du taux d'oxygène de l'air respiré) peut cependant conduire à une augmentation significative de la mortalité embryonnaire en raison d'une réduction spécifique du flux sanguin utérin dirigé vers les placentas. Rappelons à ce propos, qu'une réduction du volume d'air respiré par unité de temps en raison d'une forte charge de l'air en ammoniac, peut être en partie assimilée à une phase prolongée d'anoxie partielle.