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Fonction sociale de l'odeur

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Au début des années 60, des études portant sur le lapin confirmèrent que l'organisation sociale des lapins observés en captivité s'appliquait de même aux espèces sauvages. Ces découvertes sont maintenant bien connues des autorités responsables de la limitation des nombres de lapins sauvages, et ont une influence sur les méthodes de destruction.

En résumé, les lapins vivent par groupes de 8 à 10 individus, ordonnés hiérarchiquement, chaque groupe ayant son propre territoire et sa propre garenne, les défendant contre les étrangers.

L'existence d'un système social dépend du degré de communication entre les individus ; durant les années 60, le Dr R.  Mykytoweycz se pencha sur la fonction sociale de certaines glandes productrices d'odeur, situées sous le menton, à l'aine, et autour de l'anus.

Fort de l'appui des statisticiens de la Division of Mathematical  Statistics, il a démontré sans aucun doute possible que les lapins se servent de l'odeur produite par ces glandes pour communiquer entre eux. L'organisation sociale chez les lapins dépend donc en grande partie de l'odorat.

Les expériences menées à Cambera montrent que les lapins délimitent leur territoire en se servant des odeurs. Le Dr Mykytowycz croit que ces odeurs particulières se combinent pour former une odeur de groupe qui parait avoir deux fonctions : détourner les étrangers, et, plus important, rassurer les membres du groupe : c'est-à-dire leur indiquer qu'ils se trouvent dans leur domaine.

Il y a  plusieurs années, le Dr Mykytowycz, par un travail consistant à enlever, mesurer et peser d'énormes quantités de ces trois glandes, a démontré que leur taille variait selon la position sociale du lapin. Ainsi les glandes des mâles sont plus importantes que celles des femelles, ceux-là étant chargés de délimiter le territoire   de même, des différences s'établissant entre mâles, selon la place que chacun d'eux occupe dans l'ordre hiérarchique.

Des comparaisons effectuées à la même époque entre lapins et lièvres portant sur les glandes du menton et de l'anus, ont démontré une plus grande taille de ces glandes chez le lapin : preuve supplémentaire de la fonction de délimitation de territoire, le lièvre, solitaire, n'ayant pas besoin de fixer ses frontières aussi soigneusement que le lapin.

Par contre, chez le lièvre, des glandes situées à l'aine sont importantes , ce qui suggère que leur "message" doit être porté très loin. Le Dr Mykytowycz  considère que ces organes ont pour fonction d'attirer les membres du sexe opposé, et aussi, comme le démontrent les expériences, d'aider à la reconnaissance des individus.

Jusque là, les biologistes croyaient que la fonction des glandes de l'anus était simplement lubrifiante. Selon cette hypothèse, les lièvres posséderaient des glandes anales semblables àcelles des lapins, et la taille de ces glandes serait constante chez tous les individus.

Au cours d'expériences récentes, le Dr Mykytowycz a démontré que le lapin mâle dépose deux sortes de déjections : la première, éparpillée au hasard, destinée à vider le tube digestif, et la deuxième ayant une fonction de délimitation, est déposée en las.

Un groupe de trente être humains détermina que la deuxième déjection dégageait une odeur plus évocatrice de lapin que la Première (cette technique de testeurs humains est utilisée dans les industries cosmétiques  et alimentaires pour la standardisation des odeurs).

Le Dr Mykytowycz a étudié chez des lapins en captivité les réactions provoquées par les odeurs de tas artificiellement constitués de crottes éparpillées, et à des tas d'excréments prélevés dans un territoire étranger.

En comparant les réactions, il a pu montrer clairement la différence des fonctions des deux types. Les lapins n'eurent aucune réaction en face des tas "artificiels", mais reniflèrent avec intérêt les excréments pro venant de territoires étrangers, et les couvrirent de leurs propres excréments. Les testeurs confirmèrent que ces nouveaux tas possédaient l'odeur fort caractéristique  du "lapin".

LE MENTON

Les lapins, surtout les mâles ont une étrange habitude - ils frottent le dessous de leur menton contre les choses. Sous le menton d'un lapin mâle, on trouve une surface où la fourrure est feutrée, et couverte d'une matière desséchée et jaunâtre provenant des glandes sous la peau. Se frottant le menton sur divers matériaux constituant de son territoire, il les marque ainsi de sa propre odeur.

On observe, par exemple, des mâles se frottant sur l'herbe, l'entrée de la garenne, des bouts de bois, des souches, d'autres lapins, et même d'anciens tas d'excréments ou de la nourriture.

Les investigations du Dr Mykytowycz ont démontré que non seulement les mâles dominants possèdent des glandes plus grandes, mais aussi que ce sont eux qui imitent le plus souvent leur menton. En effet, la fréquence avec laquelle un animal frotte son menton indique sa position sociale.

ODEUR DE GROUPE

Une étude supplémentaire (sur des lapins en captivité) concernant l'agressivité envers les lapereaux nouveau-nés a mis en valeur l'importance de l'odeur de groupe. Le Dr Mykytowycz a démontré que les lapereaux encore aveugles reconnaissent la différence entre des morceaux d'ouate imprégnés de liquide sécrété par une glande, d'huile de girofle, ou de Xybol Il semble que, môme à ce très jeune âge, les lapereaux soient capables d'identifier l'odeur de leur propre nid, et il est probable que l'odorat guide le lapereau les premiers jours, l'empêchant de sortir du territoire marqué par l'odeur maternelle. Il est ainsi protégé d'agression étrangère et ses chances de survie sont décuplées.

En outre, l'odeur des parents portée par les jeunes protège ceux-ci des autres membres du groupe. Les lapines se comportent différemment à l'égare de différents lapereaux, selon que ces derniers appartiennent à la portée de la lapine elle-même, à une autre portée du groupe, ou à une portée étrangère à la colonie.

Les siens sont tolérés, ceux d'autres portées agressés, les étrangers cruellement attaqués et souvent massacrés. Un bandage des yeux de la mère ne supprime pas cette agressivité.

Des études antérieures ont déjà démontré que les mâles urinent sur les jeunes provenant d'un autre territoire que le leur, et le Dr Mykytowycz suggère que de cette façon les mâles rendent acceptables ces individus étrangers en leur donnant l'odeur de leur clan.