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Un canard boiteux

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“ A poil! Tout le monde à poil! ” chantait P. Perret. L'expression, dans son acception tout à fait ordinaire de “ nu comme un ver ”, paraît s'entendre d'elle-même puisque dans la tenue d'Adam et Ève tout un chacun montre ses poils là où ils sont. Il s'agit pourtant là d'une motivation secondaire qui fait aujourd'hui la drôlerie et peut-être le plaisir du mot.

En réalité à poil s'est d'abord appliqué aux chevaux, et constitue une variation de l'expression à cru, qui signifie à même le poil, sans selle ni couverture : “ On dit aussi qu’on monte un cheval à poil, quand on le monte sans selle, & le dos tout nu. ” (Furetière.) Autrefois les deux expressions s'employaient indifféremment en équitation. Ne pas confondre : “ un garçon d'écurie vint à poil et au grand galop me trouver ” (Barbey d'Aurevilly) ne veut pas dire que le gaillard était tout nu!

Cela dit, à cru s'employait également pour les personnes dès le XVIIe siècle pour “ à peau nue ”. “ Leurs transparents seraient plus beaux si elles voulaient les mettre à cru ”, suggère Mme de Sévigné (les transparents étant des robes de dentelles portées sur des habits de brocart). Il est difficile de savoir si l'on disait également “ à poil ” dans le même sens dès cette époque, mais il est probable que non. A poil avait alors un tout autre sens : celui de “ brave, courageux ”. “ Un homme à poil, un homme résolu ”, dit ” Littré. C'est ce sens qui a donné les fameux “ poilus ” (les intrépides), dès avant la guerre de 1914-1918.

Le poil de la virilité, de la bravoure, le poil guerrier lequel a donné aussi avoir du poil au ventre, et même “ au cul ” (avec son euphémisme “ aux yeux ”) – nous vient de loin.

En tout cas les deux sens de à poil force et nudité ont coexisté un certain temps avant que le second l'emporte. En 1889 Le Père Peinard use simultanément des deux acceptions d'abord dans le récit d'une bagarre : “ [Les petits crevés des cercles catholiques] avaient à faire à des gars à poil et qui ne sont bougrement pas manchots : les chaises volent que c'est un vrai beurre! ” puis dans le compte rendu d'une exposition de peinture : “ Vallotton nous montre une tripotée de femmes, des jeunes et des vieilles à la baignade, y en a à poil, d'autres en chemise. ” On ne saurait être plus clair.

On peut toutefois être certain d'une chose : dans les salles de garde de la cavalerie, la perspective de monter tantôt un cheval à poil, tantôt une femme de même, a dû faire rire aux larmes plus d'un grenadier!