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Cannibalisme chez la lapine

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Le cannibalisme a été considéré par divers auteurs, comme la conséquence d'une carence, et a été classé comme telle parmi les maladies carentielles.

L'animal cherche alors dans sa propre descendance, les éléments nutritifs dont il a besoin et qu'il ne trouve pas dans son alimentation. Ainsi considéré, le cannibalisme n'est pas un vice, mais une nécessité vitale.

Si la seule cause du cannibalisme était une carence alimentaire, il y aurait là maladie carentielle, mais Il existe d'autres facteurs générateurs de cannibalisme, parmi lesquels on peut citer :

1)- L'accouplement d'un mâle excessivement corpulent par rapport à la taille de la femelle, risquant de donner des lapereaux trop gros, et par suite une mise bas difficile et douloureuse.

2) - Une mise bas pénible, sans rapport avec la taille des nouveau-nés.

3) - Une alimentation excessivement riche capable de provoquer une accumulation de graisse aussi bien chez la mère que chez les petits.

Ces trois causes ont donc un rapport direct avec une mise bas difficile et douloureuse ayant des conséquences psychiques. Il faut d'ailleurs remarquer que c'est la plupart du temps, pendant la mise bas ou immédiatement après que se produit le cannibalisme.

4) - Il arrive également que l'on constate du cannibalisme seulement lors de la première mise bas d'une femelle qui, par la suite, se conduira en mère parfaite. Cela peut avoir plusieurs causes :

a) Imprévision de la mère, ou ignorance de l'acte qu'elle va accomplir.

b) Excessive jeunesse de la lapine.

c) État de nervosisme anormal.

d) Fièvre que l'animal aura tendance à vouloir faire disparaître en absorbant du sang auquel il aura goûté au cours de la mise bas.

5) Panique de la mère au moment de la mise bas, pouvant être due soit aux conditions atmosphériques (orage), soit à des bruits intempestifs à proximité directe du clapier.

6) - Le manque d'eau dans l'abreuvoir. Il ne faut jamais oublier qu'au moment de la mise bas, la lapine peut ressentir une soif intense. L'eau  de boisson ne doit jamais manquer dans un élevage, en particulier au moment des naissances.

7) - Le voisinage d'un mâle. Il est d'ailleurs toujours recommandé de loger les mâles dans un local séparé.

8) - Le manque d'instinct maternel. Chez toutes les espèces animales, il existe un Instinct maternel nécessaire à la survie de la descendance. Il y a cependant des femelles chez lesquelles cet instinct ne se manifeste pas. Cela peut être à l'origine du cannibalisme.

Il convient donc d'éliminer les lapines qui présentent cet Inconvénient, non sans s'être assuré cependant, qu'il s'agit bien d'un manque d'instinct maternel, car comme nous l'avons vu, le cannibalisme ne peut se manifester qu'à l'occasion de la première mise bas, pour disparaître par la suite. Il faut donc attendre la seconde ou la troisième portée pour prendre une décision.

Parmi toutes les causes possibles de cannibalisme, il en est certaines que l'éleveur peut éliminer, comme par exemple, une trop grande disproportion entre mâles et femelles, une alimentation excessive ou mal équilibrée, des reproductrices trop jeunes, le manque d'eau dans les abreuvoirs, trop de mouvement et de bruit autour des cages, une trop grande promiscuité entre mâles et femelles.

Il existe par contre, d'autres causes que l'éleveur ne peut supprimer; parmi elles, on peut citer notamment les mises bas difficiles et le manque d'instinct maternel. Néanmoins, dans bien des cas, le bon sens du cuniculteur permet d'éviter le cannibalisme, mais à notre avis, l'homme ne doit pas intervenir au cours de la mise bas, même si les choses ne se passent pas normalement.

La mise bas est une fonction naturelle, et en conséquence, elle se produit presque toujours sans incident. De plus, la lapine n'accepterait pas d'intervention humaine au cours de cet acte qui reste pour elle intime et secret, comme le prouve le fait qu'elle fasse son nid dans l'endroit le mieux caché de sa cage.

L'action de l'homme doit être uniquement préventive, et faire en sorte que la nature puisse agir librement. Il est toutefois recommandé, après la mise bas, que l'éleveur procède à une inspection discrète du nid, de façon à rectifier le cas échéant, quelques petites erreurs qu'aurait pu commettre la lapine, en particulier dans l'aménagement de son nid.

Pour cela, il est nécessaire que les lapines soient parfaitement familiarisées et habituées à la présence de l'éleveur ; cela se fait d'ailleurs tout naturellement lorsque ce dernier a la vocation de l'élevage et l'amour des animaux. Ce sont deux conditions essentielles pour acquérir une connaissance suffisante de son métier.

Une des toutes premières actions préventives en vue d'éviter le cannibalisme, consiste pour l'éleveur, à choisir un programme d'alimentation rationnelle capable d'éliminer toute carence. Il n'est pas facile de savoir quel est l'élément nutritif qui manque, quand on constate du cannibalisme, car cela dépend de la composition de la ration  de la qualité des matières premières qui entrent dans sa composition, et du métabolisme de l'animal ; il est donc nécessaire que J'éleveur connaisse bien les besoins alimentaires de ses sujets afin de pouvoir les satisfaire en permanence.

Il convient notamment de ne pas oublier les vitamines ainsi que les sels minéraux et plus précisément le calcium et le phosphore, en vue de compenser les pertes importantes que subit l'organisme maternel pour la fabrication d'un lait particulièrement riche permettant aux lapereaux de doubler leur poids au cours des premiers six jours de leur vie.

En conclusion, on peut dire que si l'apparition du cannibalisme chez la lapine constitue un problème grave, il faut remarquer que dans la grande majorité des cas, l'éleveur peut l'éviter.